Bilan intermédiaire sur la loi sur les voies cyclables: le canton de Vaud travaille, mais il faut encore s'engager davantage!
Lausanne, le 10 juillet 2025.
L'Office fédéral des routes (OFROU) ainsi que PRO VELO Suisse (PVCH) ont publié ce lundi 7 juillet des informations sur la mise en œuvre de la loi sur les voies cyclables (LVC). Les rapports montrent que la loi a donné un coup de pédale aux planifications dans le canton de Vaud. "La loi nationale lancée par PRO VELO a initié un changement de paradigme sur la façon de prévoir les aménagements cyclables. Grâce à cette loi, le réseau cyclable doit être planifié à grande échelle et des pistes cyclables à destination des 8 à 80 ans doivent être construites ! Jusqu’à maintenant, les infrastructures cyclables étaient ajoutées principalement par opportunité sur les tronçons où des travaux étaient déjà prévus.”, explique Yann Roth, président de PRO VELO Région Lausanne.
En 2018, tous les cantons et 74 % des votant·e·s ont accepté le contre-projet à l'initiative vélo (lancée par PRO VELO en 2015). Sur cette base, la loi sur les voies cyclables (LVC) est entrée en vigueur il y a deux ans et demi. La LVC oblige les cantons à planifier des réseaux de voies cyclables attrayants et sûrs d'ici fin 2027. Le rapport de PVCH publié aujourd'hui montre que le canton de Vaud est sur de bonnes voies pour la planification du réseau cyclable ainsi que pour l’adaptation de la base légale.
Mais la planification à elle seule ne suffit pas, la loi impose une mise en œuvre des aménagements pour 2042 au plus tard. Le canton s’est fixé pour objectifs d’atteindre 10% des déplacements à vélos pour 2035 (voir la Stratégie de promotion du vélo - horizon 2035). Pour satisfaire la loi et les objectifs climatiques, il est indispensable d’agir dès aujourd’hui pour sécuriser les parcours les plus dangereux en ciblant les acteurs les plus vulnérables. Tant que les enfants ne se sentent pas en sécurité à vélo sur leur trajet jusqu’à l’école, il sera difficile de changer les habitudes d’une société construite autour de la motonormativité. Il faut également prévoir des stationnements vélos en quantité et de qualité et encourager la multimodalité avec des transports publics attrayants pour permettre de se passer de la voiture là où le vélo atteint ses limites.
Concrètement, PRO VELO demande au canton de Vaud :
- des standards clairs sur la qualité des voies cyclables.
- des mesures immédiates pour une élimination rapide des points les plus dangereux.
- un programme de mise en œuvre pour que les réseaux soient construits dans le délai de la loi nationale.
- Des instruments de financement pour que les voies (express) cyclables (voir guide) puissent être construites rapidement.
- Une collaboration efficace avec les communes pour garantir la continuité du réseau.
- Des mesures afin de rattraper son retard sur la transmission des géodonnées qui permettront aux acteurs tiers de communiquer sur les réseaux cyclables sécurisants.
Pour la mise en œuvre de la LVC, PRO VELO Région Lausanne souhaite notamment un soutien accru de la part de la Confédération: "Nous avons besoin d'une amélioration des lois nationales,
par exemple l'introduction d'un signal pour les rues cyclables et de standards uniformes pour les infrastructures cyclables. Le retard de la Suisse peut être vu comme une opportunité de s’inspirer des pratiques étrangères qui portent leur fruit. On peut penser à la standardisation de la couleur des pistes cyclables en Hollande et l’instauration de carrefours donnant la priorité aux cycles tout en améliorant la sécurité pour tous les usagers. La Confédération doit également soutenir davantage les cantons sur le plan financier", déclare Yann Roth.
Renseignements cantonaux :
Aïcha Baioia, coordinatrice régionale, [email protected]
Yann Roth, président de PRO VELO Région Lausanne, [email protected]